E.N.S.I.Pif
 ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D'INGÉNIEURS EN PIFOMÉTRIE
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Mise à jour du 6 mai 2012

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LA HUNE DE L'ENSIPif

La Hune du 6 mai 2012 : Maxime Bonnet prend la mesure du "plus ou moins"


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La Hune du 6 mai 2012 : « plus ou moins » de la théorie du complot d'incompréhension générale par Maxime Bonnet

    Nous avons préalablement évoqué la mesure du « presque » et de son frère le « quasiment » qui sont plus ou moins la même chose ! Ahah, je le tiens celui-là ! Le « plus ou moins » ! Quelle bête curieuse que ce « plus ou moins » d'autant plus lorsqu'il est rattaché comme ici à « la même chose » ! Re-ahah !

    Dire « plus et moins » au lieu de « plus ou moins » serait somme toute assez logique ! Vous allez comprendre.

    « Plus et moins » se traduirait ainsi en langage mathématique : plus + moins ce qui est égal à plus, plus + moins = plus, le « plus » l'emportant sur le « moins », c'est ainsi, je n'y peux rien.

    Tandis que « plus ou moins » se traduirait de la sorte : plus – moins égale… quoi au juste ? Ou plus – moins = ?

    Il serait tentant d'affirmer que le résultat est alors nul, auquel cas nous ne sommes guère avancés une nouvelle fois, et nous aurions de quoi se méfier de l'emploi du « plus ou moins » pour la raison suivante : alors à quoi bon ? Je n'y comprends fichtrement rien, je doute même de la pertinence de cet emploi d'usage pourtant courant dans notre langage. L'associer à « la même chose » revient alors à ne rien dire de plus, ou de moins. Autant se taire dans ce cas, car c'est parler pour ne rien dire au final.

    Par conséquent, j'affirme bien haut que le « plus ou moins » participe à dévaloriser la recherche pifométrique, et présume qu'il s'agit là d'un complot de scientifiques défendant le système métrique à tout prix ! Ah les fourbes ! Ils s'immiscent dans nos affaires, je vais leur rendre la pareille à ces empêcheurs de tourner en rond ou presque ! Il est toujours difficile de tourner arbitrairement en rond, comprenez par-là au jugé. Si vous prenez la peine d'attacher une craie de sorte qu'elle puisse être en contact avec le sol lors de votre expérience, vous verrez la forme alors dessiner après avoir réalisé votre promenade. Édifiant !

    Tout le monde a appris que 1 + 1 = 2, soit ! Pourtant dans notre souci de réappropriation du réel, il faut dénoncer l'évidente absurdité d'un tel calcul : un quoi au juste ? Un caillou + un camion ne sont pas équivalent à 2 cailloux-camions ! Pire : un caillou + un caillou = deux cailloux, eh bien non ! À moins de généraliser à tout crin, il n'y a rien de plus différent que deux cailloux ! Voyez par vous-mêmes ! Prenez deux cailloux au hasard. Ahah ! Impossible de les additionner. Les voilà piqués au vif ces vils théoriciens ! Sous prétexte d'appréhender le réel, ils sont juges et parties, ils s'entendent pour quantifier ce qui ne peut l'être, provoquant une incompréhension majeure au cœur même de la science et par extension de l'humanité tout entière ! J'exagère, vous croyez ? À peine.

    Développons l'exemple : 1a + 1b = 2ab ? Je ne suis pas mathématicien, pourtant je ne puis m'empêcher de dire que cela ne tient pas la route une seule seconde ! Le résultat serait il alors tronqué ? Bien, essayons autrement : 1a + 1b = 2c ? Vous voyez bien que cela ne fonctionne pas du tout ! Inutile d'en dire plus, il s'agit tout simplement d'une vaste opération de déstabilisation ! Il est aisé de soustraire et d'additionner, « ça ne casse pas trois pattes à un canard ». Soit. Je ressens comme un malaise confus qui me laisse pantois. Simplifions : a + b = c.  Voilà ce qu'ils nomment une équation. Ils n'ont pas plus la réponse que vous en fait ! Voilà qui est facile et irresponsable.

    Je vous invite donc à ne plus vous soumettre à ces facéties. La prochaine fois que vous achèterez une baguette de pain à 83 centimes d'euros, donnez 1 pièce de 1 euro et laissez la monnaie. Non seulement votre boulanger appréciera le geste, mais plus encore, vous lutterez activement contre l'absurde hégémonie que j'ai dénoncée ci-dessus. Quelque chose me dit que notre monde ne pourra que s'en porter mieux !



 

 Florilège de définitions Pifométriques. 
ENFANTS : Ils sont, à la naissance, dotés de leur propre pifomètre incorporé.

Ceci est une preuve supplémentaire, s'il en était besoin, de la transmissibilité des caractères acquis.


PIFOMÉTRIE : Elle considérait bien l'usage du coin, mais compte tenu du fait que nul n'hésite à écarter ce qu'il n'aime pas sur le coin de son assiette, il est apparu que l'angle n'est qu'une grandeur légendaire utilisée pour la commodité de la conversation mondaine.

BOUJARON : c'est un terme de marine, il s'agit d'un récipient de métal dans lequel on servait aux marins leur ration quotidienne d'alcool. Seule la pifométrie a su conserver contre vents et marées cette ancienne unité. On notera d'ailleurs qu'au restaurant de l'ENSIP la ration quotidienne de vin est toujours servie aux étudiants dans un boujaron en hommage au capitaine Jacques PERRET. Les professeurs sont mieux lotis car ils ont droit au litron du Canada qui, comme chacun devrait le savoir, contient un seizième de huit gallons impériaux, le gallon impérial canadien jaugeant quatre pintes ou encore huit chopines. 
TRAIT : vient du latin tractus qui signifie tirer, il est employé en pifométrie pour décrire un mouvement lent. On l'utilise pour caractériser l'action de boire en une seule fois "boire d'un trait" et aussi pour exprimer la quantité de boisson ingurgitée "boire à grands traits".

On notera aussi que dans l'ancienne liturgie (au XIV siècle) le trait était un psaume réduit chanté à la messe, mais, je vous l'accorde, la messe n'est pas une activité relevant strictement du champ de la pifométrie gastronomique.

Certaines recettes utilisent le trait, on dit ajouter "un trait de rhum" sans préciser la distance entre le goulot de la bouteille et le récipient, cette incertitude étant laissée à l'appréciation de l'utilisateur.

C'est dans cette dernière utilisation que l'on peut entrevoir toute la richesse des expressions pifométriques : vers la fin du XI siècle on a commencé à caractériser ce mot dans un sens correspondant à "trahere" tirer ou traire ce qui a donné par métonymie la traînée, puis, employé au sens figuré la notion de "mouvement lent", "étendue de temps" et "lenteur".

La cause est entendue, verser un trait de rhum implique donc une action lente et continue dévoilant une traînée du plus bel effet. On voit bien là l'extraordinaire richesse expressive de la pifométrie.


BRITANNIQUES : Comment la pifométrie pourrait-elle ne pas se pencher sur le cas fascinant de nos voisins britanniques, qui ont su institutionnaliser, voire même nationaliser l'usage du pifomètre ?
Voilà un peuple qui a su, et saura encore longtemps, rejeter les insuffisances du système métrique, mépriser les failles du découpage décimal, et d'une manière générale lutter contre la suffisance batracianophage et pifométricide du cartésianisme français.

On ne devient pas ennemis héréditaires sans raisons valables.


ÉTERNITÉ : elle est équivalente au bout de temps mais ne s'applique que si l'intervalle a été difficilement supporté.

Selon Woody ALLEN, qui citait Franz KAFKA (1883-1924), l'éternité c'est très long, surtout vers la fin.

On remarquera ici que la pifométrie ne se borne pas à mesurer une grandeur mais qu'elle en précise la qualité.